Stade d’Olembé: L’étrange satisfecit des autorités

Malgré les multiples reports de la Coupe d’Afrique des nations (Can) sensée se tenir au Cameroun, l’une des principales infrastructures n’a toujours pas été livrée. Loin de s’en offusquer, les différentes autorités se disent plutôt satisfaites.

Il y a quelques jours, le gouverneur de la Région du Centre et le Ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep) se sont relayés au site de construction du complexe sportif d’Olembé pour une énième visite de routine. Respectivement président du comité de site de Yaoundé et président du comité d’organisation du championnat d’Afrique des nations (Chan) et de la Can, ces autorités ont exprimé leur satisfaction au terme de la visite. Leur satisfécit s’appuie en effet sur le taux de réalisation du stade Paul Biya, principale infrastructure du complexe sportif, qui se situe à ce jour entre 80 et  90% ; et l’ensemble complexe, nettement moins avancé.  Le gouverneur et le Ministre ont-ils raison de s’en réjouir ? Peut-être, pour raisons évidentes. Mais une chose est certaine, leurs arguments ne sauraient tenir la route. Puisqu’en principe, ces infrastructures étaient supposées être livrées mi-2018 pour abriter la grand-messe du football africain début-2019. Au regard des retards accusés, la Caf avait préféré repousser l’organisation de  la compétition au Cameroun en 2021. L’édition 2019 attribuée au pied levé à l’Egypte, a connu un grand succès. Sauf qu’au pays des Lions Indomptables, les chantiers ont continué à piétiner. Pourtant, plusieurs membres du gouvernement et communicants du pouvoir en place, au cours de leurs sorties dans les médias, disaient vouloir démontrer à la Confédération africaine de football (Caf) qui venait d’infliger à tout le pays une grosse honte, que le Cameroun pouvait être prêt en 2019. Qu’est-ce qui peut donc expliquer qu’on parle de satisfaction quand on en est à 80% ou 90% de taux de réalisation des infrastructures d’une compétition organisée ailleurs depuis près de deux ans ?

Le Cameroun et ses autorités ne cesseront de nous étonner.

Gaël Tadj

 

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